Chronique de lecture de la cantatrice chauve de Ionesco

Au moment de choisir une œuvre de théâtre, j’ai de suite pensé à Ionesco.
En règle générale, j’arrive assez facilement à me souvenir, ce qui me pousse à acheter un livre ou à l’emprunter.
Il y a toujours un déclic, ou une envie précise, parfois c’est aussi par associations d’idées.

J’ai cette pièce de théâtre dans ma bibliothèque, depuis ce qui me semble une éternité et pourtant je n’arrive plus à savoir quand est-ce que je l’ai acheté, ni pourquoi. C’est assez triste, mais c’est un ouvrage, qui reste irrémédiablement sans histoire pour ce qui est de son arrivée chez moi.

C’est certain aussi que je n’ai pas eu à l’étudier, sinon, je l’aurais déjà lu… même si cela avait été à contrecœur.
Et pour le coup, cela m’aurait bien plu de le savoir, car c’est un livre complètement loufoque, un ovni.

Je ne voulais pas savoir de quoi parlait cette œuvre, lorsque je l’ai débutée, et vu que je ne me souvenais pas de ses origines, cela m’arrangeait finalement.
Mais du coup, j’ai du stopper et reprendre ma lecture au moins 2 ou 3 fois au cours des premières pages, tellement je ne comprenais rien.

Jusqu’au moment, où j’ai lâché prise, j’ai arrêté de vouloir donner du sens à quelque chose qui n’était peut-être pas voué à ça.

Et là, je dois reconnaître que je me suis bien amusée, j’ai même lu des passages à mon cher et tendre, parce que même si ces passages étaient sortis de contexte, cela n’empêchait pas ce dernier de comprendre ô combien c’était complètement « barré ».

Et du coup, je me suis plus amusée à chercher le loufoque, et les « outils » utilisés par l’auteur pour faire du comico-absurde.

Lorsque l’on débute la lecture, on retrouve les caractéristiques du genre théâtral, didascalies et dialogues.
Sur la forme, on est dans tout ce qu’il y a de plus classique, mais c’est tout ce qu’il y a de classique.

En effet, la première didascalie, nous plante le décor, tous les adjectifs à l’exception de 2 ou 3 sont les mêmes : anglais
Ainsi tout est anglais, du plus logique, si on pense au fait que la didascalie est aussi là pour nous situer le décor, jusqu’au plus absurde : « la pendule anglaise frappe dix-sept coups anglais »

Après, et alors que l’auteur vient de nous dit que la pendule frappe dix-sept coups, notre première protagoniste nous dit dans le premier dialogue : « tiens il est neuf heures ».
Ok, ok donc ça sonne dix-sept fois, mais il est quand même neuf heures ^^… Tout va bien !!!

D’ailleurs cette pendule continuera de donner l’heure de façon incohérente.

Ensuite, nous avons l’accumulation de multitude de détails superflus pour la dynamique, mais qui font quand même bien sourire, de sorte que nous avons droit à la liste complète des aliments composant le repas du couple Smith.

Les dialogues me font même penser à une parodie de campagne de publicité rétro (nous mangeons ça ça et ça, et hummmmmm que c’est bon, normal nous mangeons ça).

Et lorsque les protagonistes répètent les même mots, on a plus la sensation que l’auteur cherche à souligner un mot au détriment de l’info qu’il transmet en fin de compte…

« Mary a bien cuit les pommes de terre, cette fois-ci.
La dernière fois elle les avait pas bien fait cuire. Je ne les aime que lorsqu’elles sont bien cuites ».

Même si pour ma part, je me suis plus attachée à la forme, qu’au fond, je ne peux pas vous faire l’impasse de passage anthologiques, comme la tirade du pompier sur le rhume, les fables sans queue ni tête, l’arrivée du couple Martin, ou le dialogue sur la généalogie de Bobby Watson.

Après, ma chronique n’a pas non plus vocation à être une explication de texte, je m’excuse d’avance, si c’est cette forme que cela prend.

Et pour résumer, c’est donc une œuvre de théâtre très rapide à lire, elle fait à peine 81 pages.
Authentique tranche de vie anglaise, donc finalement peu importe ce qu’il y a avant ou après, et la fin nous donne raison sur ce point.

A lire, en gardant l’esprit ouvert au non-conformisme, au loufoque et au fait que cela reste à mon sens, une critique de notre société et des mondanités.

Pour finir, je vous parlerai du titre, car je suis friande des anecdotes qui entoure la genèse des titres… Même s’il n’y en a pas toujours.
Car qui ne s’est jamais projeté dans un livre, juste en lisant le titre ?
Pour ce qui est de la cantatrice chauve, lors d'une répétition, le comédien qui jouait le pompier aurait transformé « institutrice blonde » en « cantatrice chauve » et voilà comment le titre aurait été trouvé.

4 ★ sur 5
Je lui retire une petite étoile, car étant néophyte du genre, j’ai arrêté la lecture à plusieurs reprises, avant de réussir à m’immerger dans le monde de Ionesco.
Mais je ne regrette nullement, bien au contraire.


➵ Et pour rappel, il s'agit d'un lecture dans le cadre du challenge des 4 as.
Pour en savoir plus, je vous invite à venir voir ici:
Challenge Le défi des 4 as

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